vendredi aux Boveresses

Malgré un temps quelque peu maussade, nous profitons au maximum de cette troisième Caravane qui vient de démarrer aux Boveresses. Une journée et une soirée sous le signe du hip hop en particulier : un mur entier consacré aux graffitis où s’expriment professionnels du graff tout comme les apprentis hauts comme trois pommes. Ils s’éclatent, ils rigolent. Certains se fichent de remplir une forme de couleur, ce qu’ils veulent, c’est tagger leur nom. D’autres réalisent que les bombonnes ne font pas que sprayer les murs, mais les doigts également !

La classe des cordes entame officiellement ce début de soirée. Enfants et adolescents parcourent un répertoire classique et contemporain au violon, au violoncelle et à la contre-basse.

L’ambiance est à son comble. Le but de la Caravane est d’emblée rempli : mélanger les cultures, échanger ses traditions, ses passions, dépasser les clichés. Lors de l’émission de Caravane FM, notre radio éphémère, nous recevons tout d’abord Oscar Tosato, Municipal à la Ville. Lui qui a œuvré dans le social depuis ses jeunes années, fils d’immigrés lui-même, défend les valeurs d’intégration haut et fort. Lorsque Laurent Kern, l’animateur radio, lui demande un petit historique de la culture hip hop à Lausanne, Oscar Tosato se souvient qu’il défendait déjà à l’époque le mouvement et qu’il préconisait le dialogue plutôt que la répression. Puis les acteurs de cette soirée, Seyo, Skelt, Moh, Nokti, PS Crew et d’autres, ont pu échanger avec le Municipal puis parler de leurs projets respectifs.

L’émission s’est terminée sur une note venue d’Afghanistan avec Osman Arman qui nous a enchantés avec sa flûte, accompagné d’un jeune aux tablas. Osman a quitté son pays il y a 16 ans, n’y est jamais retourné depuis. Il dispose d’un local aux Boveresses, une véritable caverne d’Ali Baba, aux lumières tamisées, aux tapis orientaux, et une bonne vingtaine de flûtes posées sur un petit canapé. Après l’émission, une poignée d’élus accèdent à l’endroit mystérieux où il nous sert un peu de vin, partage quelques petites friandises, puis s’installe derrière son harmonium. Il enclenche sa beat box qui se compose de rythmes joués par des tablas, et Osman nous interprète des chansons d’amour. La magie s’opère. Nous sommes tous sous le charme de cet homme et de son histoire qui ne laissent personne indifférent.

Dehors, sous les tentes, on se sustente. A quelques pas de là, les concerts de hip-hop rythment la yourte, couvert bienvenu par ce temps que l’on avait espéré plus chaud et plus sec. La soirée s’achèvera bien après le coucher des petits.